J’aime le printemps

New-Zealand-Wood-Pigeon-20-H7C2962J’aime le printemps, ce coquin. Il se montre le bout du nez à plusieurs reprises à l’hiver avant de s’installer pour de bon.

Pour moi, le printemps, c’est cette brise douce sans fond hivernal qui nous caresse les joues et les cheveux, nous effleure les joues et nous chuchote des mots doux alors qu’on ne s’y attend pas le moindrement. Ce sont les têtes de violon qui fendent le sol des sous-bois, l’apparition des crocus, des jonquilles, des hyacinthes et des tulipes qui, les premières, bravent les amas de neige en quête de lumière pour notre plus grand ravissement. L’odeur de la terre fraîche mouillée et du gazon qui s’habille en vitesse après un long sommeil. Les oiseaux qui dansent et qui chantent, plus nombreux, il nous semble. Le tac-tac dans les chaudières d’eau d’érable et le parfum enivrant du sirop qui s’échappent des cabanes. Le printemps, c’est tout cela, et plus encore.13103399_10208147470341145_2705846542622349867_n-1

 

 

 

Ma mère avait tout un rituel à Pâques. Une fois sa marmaille dans les bras de Morphée, elle semait les « crottes » de Jeannot Lapin dans la maison, partout entre nos chambres au salon depuis l’endroit où nos petits pieds touchaient par terre en sortant du lit aux corridors et dans les escaliers jusqu’au salon, où étaient caché les « trésors » de Jeannot Lapin, que nous nous empressions de trouver. Le matin venu, les quatre enfants, nous nous éveillions dans cette fresque de rêve : jujubes et petits oeufs de sucre de toutes les tailles et de toutes les couleurs jonchant le sol, partout, partout. Dans un coin du salon, on retrouvait le mot destiné à Jeannot Lapin écrit par mes parents, lui souhaitant la bienvenue chez nous et l’invitant à se régaler des carottes que ma mère lui avait préparées, ainsi qu’un grand verre de lait. Bien sûr, au petit matin, le lait était quasiment tout bu et les carottes, bien endentées.

Omelette copieuse aux lardons et aux asperges, jambon à l’érable, pain aux oeufs en tresse légèrement sucré et grillé, l’arôme du bon café. Et, comme dessert, du chocolat, du chocolat et du chocolat, incluant les fameux oeufs farcis au fondant de Laura Secord, sucré pour mourir, mais une bouchée à peine, et seulement à Pâques. Privilégiés, voilà ce que nous étions.

C’est quelque chose que j’aurais bien voulu recréer, si j’avais eu des enfants, pour son côté ludique, magique, d’émerveillement. Mais voilà, ils ne sont que de très beaux souvenirs d’enfance. Peut-être que d’autres les porteront dans le temps. Après tout, des planchers, ça se lave; des bactéries, il y en a partout, et ce n’est pas tous les jours Pâques.

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