J’aime l’hiver

J’aime l’hiver pour le silence qu’il apporte à notre monde bruyant, pour sa parure tout de blanc duveteuse. J’aime l’hiver, la beauté de ses arbres mis à nu, sans pudeur. L’envers des racines. Les oiseaux resplendissants dans leur décor épuré de fioritures vaquent à leurs occupations. Ils s’échangent des mots doux, se chantent la pomme, sans porter attention aux écureuils qui jouent à saute-mouton dans la neige. 

Et que dire de cette clarté hivernale que seuls les grands froids libèrent, un lendemain d’une tempête, où nos pas dans la neige nous renvoient des effets spéciaux : crunch crunch. Le blanc immaculé de la neige fraîchement tombée irradie le ciel d’un bleu éclatant, lumineux, sans nuages aucuns. Les flocons de neige, des plus fluets aux plus obèses, habillent l’air et dansent le tango avec le vent.

En janvier 1998, lors de la tempête de verglas la plus dévastatrice du nord-est de l’Amérique du Nord, je travaillais de la maison en tant que pigiste. Bien que celle-ci se soit déroulée sur une période de cinq jours, je n’en avais pas été consciente, absorbée par mon travail. Ce n’est qu’à la mi-journée de la sixième journée que, machinalement, j’apportai mon bol de soupe au salon et ouvris la télévision pour y découvrir le décret d’état d’urgence défilant au bas de l’écran. 

Grâce à mon feu de foyer et à ma cuisinière au gaz, je ne manquais de rien, contrairement à des milliers de mes concitoyens qui ont été privés d’électricité. Le poids du verglas, atteignant plus de 100 mm d’épaisseur par endroits, a provoqué l’écroulement de pylônes de plusieurs lignes à haute tension causant d’importants dommages aux arbres et aux propriétés. 

Je suis sortie de la maison et j’ai marché au beau milieu de l’avenue de Vimy et Ducharme, à la fois effrayée et subjuguée par la beauté inouïe du paysage. Et surréelle aussi, car nonobstant tous ces arbres nus aux branches s’inclinant vers le sol, formant des coeurs au beau milieu des rues de Montréal, on pouvait y entendre une symphonie de verre des plus envoûtantes créée par l’attouchement des branches bercées par la brise, tout de blanc, tant au sol qu’au-dessus de nos têtes, les nuages ne s’étant pas encore dissipés dans le ciel. Toute ma vie, je me souviendrai de ces moments magiques.

Pour moi, l’hiver est plein de mystères et de secrets. Et qui n’a pas ressenti de la fierté à braver les froids de l’hiver, un pied de nez en pratiquant son sport favori. Ou tout simplement en se promenant sous les étoiles un soir d’hiver bien emmitouflé.

L’hiver, c’est le coocooning, le recueillement, l’occasion de lire tous ces bouquins qu’on se promet de lire. Les moments d’intimité avec soi-même ou avec nos proches. C’est l’occasion de recevoir ses amis, sa famille, chez soi. Qui n’a pas le souvenir d’arriver de l’extérieur et d’entrer dans un lieu chaud et chaleureux où les arômes de mijotés nous invitent à la détente et au plaisir, balayant ainsi tout inconfort qu’on aurait pu avoir à s’y rendre.

J’aime l’hiver pour toutes ces raisons et pour la promesse du Printemps qu’il porte en son ventre.

Je lève mon verre à votre bonne santé, à l’amitié, à l’amour.

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